Littérature jeunesse et voyage : Paris

Littérature jeunesse et Paris : « Léon sur le chantier de la tour Eiffel »

L’épopée de la « tour de 300 mètres », premier nom de la tour Eiffel, valait bien un roman jeunesse. Inspirée, Dominique Joly offre un journal de bord écrit au coeur de l’action.

Littérature jeunesse et voyage : ParisFaire revivre le chantier de construction de la tour Eiffel est le pari relevé – et réussi – par Dominique Joly . « Léon sur le chantier de la tour Eiffel » (Gallimard Jeunesse) est le journal d’un ouvrier qui a pris part à la plus fabuleuse des constructions au coeur de Paris. D’une poutrelle à l’autre, le lecteur va prendre de la hauteur au rythme du chantier de 1888…

Si le récit est fictif, il s’appuie sur des documents bien réels et nous plonge dans le quotidien peu aisé des manoeuvres qui ont érigé la grande Dame ! C’est en vue de l’Exposition Universelle de 1889 que Eiffel vit son projet, démesuré pour l’époque, voir le jour au bout de 2 ans et 2 mois de dur labeur :

« Ils ont parlé en vrac des dangers de leur travail dans les airs : les accidents mortels, le froid qui engourdit les doigts puis le corps tout entier, le vent en rafales qui peut vous projeter dans le vide. (…) Mais bien sûr tous ces risques ne comptent point pour M. Eiffel ».

A la mort de son père, Léon, 14 ans, n’a pas d’autre choix que de quitter les bancs de l’école – où il réussit – pour gagner sa vie. Il doit aider sa mère à nourrir la famille. Il est embauché comme petite main sur le chantier de la Tour Eiffel. Solidarité et brimades, travail ingrat et découverte de savoir-faire, grèves et trahison, Léon va faire l’apprentissage de la vie et nous narre, jour après jour, ses sentiments, sa fatigue, son quotidien sur le chantier et dans la blanchisserie de sa mère. Et la dureté de la tâche est proportionnelle à la beauté de cette dame de fer qui sera inaugurée le 31 mars 1889 :

« J’ai bien cru que jamais je ne pourrais m’y habituer, à grimper sur cette fichue tour.Moi qui m’imaginais l’escalader avec l’agilité d’un chat. Les premières heures ont été les pires. Avec des crampes au ventre, les jambes raidies par le froid, la tête à l’envers, j’ai pris sur moi pour faire bonne figure. »

Au fil des pages, on se plonge dans le Paris de la fin du XIXe siècle avec les petits bistrots, le corporatisme, le casse-croûte du midi, la corvée de charbon, les balades dominicales en famille, etc. On vibre avec ce jeune ouvrier, homme à tout faire sur le chantier ; on s’enthousiasme comme lui à la vue de cet édifice qui prend forme ; on se laisse déambuler dans les rues de Paris le dimanche venu ; on s’amuse des sceptiques qui ont peur de cette tour…

Une immersion plaisante à lire lors d’une escapade parisienne !

Cerise sur le gâteau : la mise en page – facsimilé d’une reluire en cuir, papier épais un peu jauni, écriture manuscrite des titres – nous conforte dans l’idée qu’on se lance dans la lecture d’un récit du passé…. et ça fonctionne à merveille.

Sandrine Damie

 

 

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Une réflexion au sujet de « Littérature jeunesse et Paris : « Léon sur le chantier de la tour Eiffel » »

  1. Sandrine

    Bonjour
    Merci beaucoup pour ce superbe blog. Serait-il possible de donner une idée de la tranche d’age la plus adaptée a chaque fois ?
    Merci !

    Répondre

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