Michel Ocelot - Kirikou - Afrique

Michel Ocelot, auteur de Kirikou : « Aujourd’hui j’ai quasiment les mêmes activités que quand j’étais petit. »

Lors de l’inauguration du village de Kirikou à Planète Sauvage* mi-juin, j’ai eu la chance de rencontrer Michel Ocelot, auteur du célèbre Kirikou et de nombreux contes animés.

Michel Ocelot - Kirikou - AfriqueVous êtes un expert du cinéma d’animation. Comment est née cette envie de mettre en images animées des histoires ?
C’est venu naturellement. J’ai toujours dessiné aussi loin que je me souvienne et j’ai toujours aimé jouer et bricoler. J’ai découvert aussi qu’à l’âge de huit ans, c’est moi qui écrivait des contes pour ma grand-mère. Aujourd’hui, j’ai quasiment les mêmes activités que quand j’étais petit.

Gédéon a été votre premier succès. Quel souvenir gardez-vous aujourd’hui de cette success story ?
J’en garde un souvenir très amer. La série en effet a eu du succès et on nous en a redemandé. Mais les animateurs se sont très mal tenus pendant le tournage – ils sont allés jusqu’à appeler l’inspection du travail, qui m’a demandé s’ils étaient fous, et le producteur a décidé de ne jamais plus travailler avec des animateurs et de fermer le studio d’animation qu’il avait monté à grands frais. Après cela, tout le monde est retourné d’où il était venu, le chômage. Ce qui avait failli être un très bon début de carrière a été celui d’une longue période de vaches maigres.

Pourquoi n’avez-vous pas investi la littérature jeunesse en premier lieu ?
J’ai ressenti très fort l’attrait du théâtre puis du cinéma, des dessins qui magiquement se mettent à bouger, des gens qui parlent, de la musique, des bruitages, et je pense d’abord spectacle avant de penser livres, livres cependant auxquels je tiens beaucoup.

Vous avez passé votre enfance en Guinée. Est-ce que les paysages et expériences de votre enfance vous ont inspiré pour faire naître Kirikou ?
Oui, mon heureuse enfance africaine m’a poussé à faire ce film, qui était une évidence. Je n’ai que de bons souvenirs de mes années d’Afrique, dont l’apaisement, la beauté et les couleurs.

Etes-vous retourné en Afrique depuis, à titre personnel ou pour vos différents films d’animation ?
Je suis retourné en Afrique pour mon travail, le son de « Kirikou » à Dakar pour les dialogues français, à Johannesbourg pour les dialogues anglais. Je ne désire pas à y retourner à titre personnel. Quand j’étais petit, je faisais partie des meubles, j’allais à l’école de tout le monde. Aujourd’hui, je suis un « blanc », riche étranger, et ce rôle me déplaît.

Seize ans après la sortie au cinéma du 1er Kirikou, ses aventures connaissent toujours le même écho positif auprès des enfants. Quel est votre « recette » pour leur parler à travers vos animations ?
Ma recette pour bien parler aux enfants, c’est de ne pas travailler pour eux. Je sais qu’il y aura des enfants dans la salle, donc je fais attention à ne pas leur faire de mal, mais je fais un film pour tout le monde, sur un sujet qui me passionne, avec le plus grand soin et la plus grande honnêteté. Cette honnêteté, et le fait que je ne parle pas « bébé », touche les petits et les grands.

Avec l’inauguration du village de Kirikou à Planète Sauvage comptez-vous annoncer de nouvelles aventures pour notre héro africain préféré ?
Non, je n’annonce aucune nouvelle aventure de Kirikou. Je désire raconter d’autres histoires. Mon prochain long métrage est très différent et se passe à Paris, à la Belle Epoque.

Les aventures de Kirikou sont aussi disponibles sous la forme d’albums jeunesse. A-t-il été aisé pour vous de vous familiariser avec ce support ?
Je n’ai eu aucun mal à me familiariser avec les livres car je les aime depuis toujours. Mais c’est un domaine où j’ai « obéi », ce que je ne fais jamais dans les films. J’ai « obéi » au nombre de pages et au nombre d’illustrations (après quelques discussions tout de même). J’ai parfois réduit des textes plus que je ne le voulais, pour m’adapter à une tranche d’âge annoncée, ce que je ne fais pas en cinéma.

De façon plus générale, les contes sont au coeur de vos réalisations. Qu’aimez-vous dans cette forme de récit ?
Le conte me permet deux choses : un, faire systématiquement quelque chose de joli, deux, aller droit au but sans m’encombrer de trop de vraisemblances, de détails matériels. Et ces déguisements de princes et de princesses me permettent d’aborder sans en avoir l’air tous les sujets.

Quel est votre conte préféré et pourquoi ?
Je suis un bon père. Tous mes enfants, je les ai voulus, pour tous je me suis battu, et je suis heureux que tous existent. Je n’ai pas de préféré. Et je veux en faire d’autres !

Propos recueillis par Sandrine Damie

* Planète Sauvage est un parc animalier près de Nantes où les animaux sont rois : 1 000 animaux évoluent sur des immenses étendues adaptées à leurs besoins. Raid à faire en 2 h en « camion » aménagé avec un chauffeur-guide… ou en solo avec sa propre voiture. Le village de Kirikou offre plusieurs cases colorées et sympas avec les fétiches et des instruments de musique africains que les enfants auront plaisir à utiliser. Le summum : la nuit en yourte ou en bivouac au coeur du parc (un guide nous y mène une fois que le parc est vidé de tous les autres visiteurs !).

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