Sylvie Baussier, auteure Jeunesse : « Pour moi, l’écriture est un chemin ».

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Sylvie Baussier compte plus d’une trentaine de fictions Jeunesse à son actif, et autant de documentaires pour enfants. Quel plaisir d’échanger avec elle sur sa façon de travailler…

Comment et pourquoi êtes-vous devenue auteure ?

Je suis une grande lectrice depuis mon enfance. Lecture et écriture sont des activités vitales pour moi. Devenir auteur a toujours été un rêve… qui m’a très longtemps paru inaccessible ! Je viens d’une famille assez peu cultivée, où les adultes ne lisaient pas, et où les relations étaient compliquées. J’ai fait des études de sciences et de lettres, puis j’ai été bibliothécaire, éditrice d’encyclopédies… autant dire que je tournais autour des livres ! Et puis j’ai proposé aux éditions De La Martinière d’écrire un essai sur le sujet du deuil dans leur collection Oxygène, puis j’en ai écrit un autre sur le handicap… Je voulais donner aux ados des lectures que j’aurais moi-même aimé avoir à des moments difficiles de ma vie. Lorsque plusieurs de mes livres ont été publiés, je me suis dit : « Mais en fait, je suis devenue auteure ! ».

Pouvez-vous nous raconter la sortie de votre 1er livre ? Comment était née cette collaboration ?

Lorsque j’ai contacté les éditions De La Martinière, ils m’ont proposé d’écrire un guide sur Paris. Je n’en avais pas envie, et puis je n’habitais plus la capitale, donc j’étais mal placée ! En revanche je leur ai proposé le livre sur la mort et le deuil dont je viens de vous parler (« La mort, pourquoi on n’en parle pas »). Ils ont été surpris, mais j’ai réussi à les convaincre tant je croyais à ce projet !

Qu’est-ce qui vous anime/vous inspire pour vous lancer dans un nouvel album ?

Ce qui m’anime : l’envie d’apprendre sur des sujets nouveaux (je suis une grande curieuse), l’envie d’écrire (ma passion !), et de transmettre aux enfants et aux ados, de les aider à grandir, de partager avec eux. Ce qui m’inspire : mes colères, mon sens de la justice, ma curiosité, un regard étonné sur le monde qui nous entoure… Tout ! Je crois que, comme beaucoup d’auteurs, je suis une véritable éponge, et tout ce que je vois, entends, ressens peut me donner des idées de récits, ou de documentaires !

Vous avez écrit plusieurs romans historiques avec des destinations au centre de l’énigme, notamment « La Course au pôle Sud : Amundsen et Scott » (ed. Oskar) et « Tchernobyl, bienvenue en enfer » (ed. Oskar). Quelle est votre méthodologie de travail pour rédiger une histoire romancée à destination des 9/12 ans ?

Je commence par lire (et regarder aussi parfois) des documents pour les adultes, qui ne sont pas à la portée des enfants. Par exemple pour « La course au Pôle Sud », j’ai lu les journaux que Scott et Amundsen ont tenu chaque jour de leur périple, chacun de leur côté. Autant dire un pavé ! Ensuite j’ai reconstruit leur course vers le pôle Sud de façon chronologique : on les suit alternativement. Et l’enfant se demande qui va gagner… Bien sûr je me mets dans la peau des personnages, c’est un roman vivant, il faut que le lecteur soit pris dans l’aventure.

Vous avez la particularité de signer certains de vos livres (collection « Ma planète préférée » – Gulf Stream Editeur) avec Pascale Perrier. Qui a eu l’idée de ce tandem pour l’écriture ? Comment écrit-on « à 4 mains » ?

Nous nous sommes rencontrées au salon de Montreuil, il y a 4 ou 5 ans : nous signions chez le même éditeur, Oskar. Nous ne nous connaissions pas. Nous avons évoqué l’idée d’écrire ensemble. Quelques mois plus tard nous nous sommes retrouvées dans un autre salon du livre, et cette fois nous nous sommes dit : « Tentons l’aventure ! ». Et depuis, nous n’avons pas cessé. Le premier roman que nous avons écrit ensemble a mûri lentement, et il a vu le jour : « Condamnée à écrire », aux éditions Oskar. Nous avons aussi créé ensemble la collection de romans « Ma planète préférée », pour jeunes de 8-10 ans, aux éditions Gulf Stream.

Il n’y a pas « une » méthode. A chaque livre nous tâtonnons, nous expérimentons. Nous parlons de l’histoire ensemble, nous savons où nous allons, puis chacune écrit un chapitre, ou bien l’une se charge plus particulièrement d’une voix, d’un personnage… Ou encore, dans une série, chacune prend en charge le premier jet d’une histoire. Nous discutons, nous choisissons l’option qui nous semble la meilleure pour le texte… pas pour notre égo. Et nous retravaillons beaucoup ensemble. Le respect et l’écoute de l’autre sont primordiaux !

Chacune de nous apprend de l’autre à chasser ses tics d’écriture… Bien sûr, nous avons besoin chacune d’écrire seule, aussi.

Avec plusieurs ouvrages autour des pharaons et de la Grèce, il semble que les civilisations anciennes soient un sujet de prédilection pour vous. Comment vous documentez-vous pour rendre les mythologies et religions accessibles aux enfants ?

Comme pour tous les sujets, je me documente en lisant et relisant des textes antiques, et des spécialistes, par exemple Pierre Grimal pour l’antiquité gréco-romaine. Je suis également allée en Égypte et en Grèce, quand c’est possible cela aide à comprendre une civilisation !

Vous allez prochainement publier un roman « histoires de la mythologie grecque ». Pouvez-vous nous présenter le concept de ce livre jeunesse ?

Dans la collection des Contes d’ici et d’ailleurs aux éditions Oskar, j’ai écrit un recueil qui va s’appeler : « Mythologie grecque : les monstres, jouets des dieux », et va paraître en mai 2014.

Le cyclope Polyphème, les sirènes, le sphinx, le lion de Némée, l’hydre de Lerne, Cerbère, Pégase, le Minotaure, Argos : chacun de ces neuf monstres a été manipulé par les dieux afin de servir leurs objectifs. Mais qui le sait ?

Ces neuf contes se lisent comme un roman. Il revisitent la mythologie grecque dans un langage vivant et moderne, tout en en respectant précisément les sources antiques. Pourquoi le sphinx est-il posté sur la route de Thèbes ? Qui lui a ordonné de rester là sans bouger, en posant des énigmes aux passants terrorisés ? Les sirènes ont-elles toujours dévoré les marins en perdition ?

Un dossier documentaire permet de resituer la mythologie grecque et ses principaux dieux et héros, qui jouent un rôle clé dans le destin des monstres.

Cette année j’ai deux autres livres en cours d’écriture sur la mythologie grecque : pour Milan, et pour Gallimard. Chacun d’eux est très différent des autres. Heureusement ! Pour moi, l’écriture est un chemin.

Propos recueillis par Sandrine Damie

Blog de Sylvie Baussier : http://sylviebaussier.weebly.com/

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