Fabienne Sauvageot, graphiste et illustratrice : zoom sur son 1er livre Jeunesse

fabienne_sauvageotFabienne Sauvageot, graphiste aguerrie s’est lancée dans l’aventure de la littérature Jeunesse après avoir parcouru le chemin de St Jacques de Compostelle. Nous avons échangé autour de cette 1re aventure livresque…

Vous êtes graphiste et vous avez publié un ouvrage intitulé « Mirabelle veut aller à Compostelle » à lire dès 3 ans (éditions Lelyrion Jeunesse). Comment est née l’aventure de cet ouvrage avec la maison d’édition ?
Je rêvais de travailler pour l’édition jeunesse. Quand je suis devenue graphiste freelance, j’ai utilisé les périodes sans commande pour travailler sur des projets personnels qui pourraient aussi me permettre de montrer ce que je savais faire à de futurs clients.

C’est ainsi que j’ai retravaillé et mis en page l’histoire de Mirabelle qui dormait au fond d’un tiroir depuis plus de 10 ans. Au cours d’un rendez-vous avec Stéphanie Penhoud des éditions Lelyrion, en tant que graphiste, je lui ai présenté Mirabelle en démo sur tablette. Séduite par le personnage, elle m’a alors proposé de l’éditer. Mon grand rêve devenait réalité !

Pouvez-vous présenter rapidement l’histoire de Mirabelle ?
Mirabelle est une jolie vache d’Aubrac qui ne regarde pas passer les trains mais les pèlerins en route vers Compostelle. Elle aussi rêve de voyager et d’aller à Saint-Jacques mais personne ne veut d’une vache comme compagnon de voyage.

Pourquoi avez-vous choisi une vache, et la race Aubrac en particulier, pour être l’héroïne de votre album ?
J’ai grandi en Franche-Comté et même si j’étais une petite fille de la ville, je passais mes vacances chez ma grand-mère à la campagne en compagnie de mes cousines qui vivaient dans une ferme. Je côtoyais donc les vaches (montbéliardes) tous les jours et j’en garde de merveilleux souvenirs.

Quand je suis partie sur le chemin de Compostelle, j’ai traversé l’Aubrac et découvert ses paysages extraordinaires…et ses vaches. Un vrai coup de cœur !

J’ai eu l’impression d’être à ma place, en harmonie avec le lieu.

Mirabelle est née de ces deux époques de ma vie et des souvenirs toujours aussi vifs que j’en garde.

Pour évoquer le chemin de St Jacques de Compostelle, vous avez décidé de vous adresser à un public jeune. Pourquoi ?
J’avoue qu’au départ quand j’ai écrit cette histoire je ne pensais pas qu’un jour d’autres que moi la liraient.

Les récits de pèlerins sont nombreux. On éprouve souvent comme un besoin de transmettre ou d’évoquer les émotions si fortes que l’on a ressenties. Mais depuis toujours, mon mode d’expression est plus en images qu’en mots. C’est donc avec les images et les dessins que j’ai créé dans un premier temps un carnet de voyage sur « mon » chemin et aussi les légendes de Compostelle. Mais très vite, j’ai écrit cette histoire de Mirabelle, inspirée par les belles vaches d’Aubrac et qui parle de l’envie de partir. C’est aussi sans doute mon intérêt pour l’édition jeunesse qui m’a influencée.

Peut-être que je voulais simplement expliquer à la petite fille que j’avais été l’expérience extraordinaire que je venais de vivre, en prenant comme héroïne un animal que j’aime…

Mais je me rends compte aussi lors de dédicaces, que ce livre est parfois un moyen pour des grands-parents qui ont fait le chemin, de le partager avec leurs petits-enfants.

Car j’ai découvert qu’il y avait très peu de livres jeunesse sur le chemin de Compostelle et que les grands aussi tombent sous le charme de Mirabelle.

Sur votre blog, on découvre votre carnet de voyage en pop-up de votre propre découverte du chemin de St Jacques. Quels aspects ou anecdotes de Mirabelle s’inspire de votre propre expérience ?
Mirabelle c’est moi ! Ce livre évoque « l’appel du chemin », l’envie de partir à tout prix. J’ai préparé mon départ pendant 2 ans, alors que tout le monde pensait que je ne partirais jamais. Mais comme Mirabelle, je ne me suis pas laissée décourager et j’ai réaliser mon rêve d’aller à Compostelle.

Et puis, tout simplement, quand j’ai traversé l’Aubrac et vu ces vaches au bord du chemin, je me suis dit qu’elles devaient être tentées de partir elles aussi.

Quels conseils pourriez-vous donner à des parents tentés par le chemin de St Jacques en famille ?
Je suis partie en 1998 et seule. Le chemin à sans doute changé depuis, en particulier au niveau du nombre de personnes qui marchent. Mais on trouve partout des hébergements et le chemin est très bien balisé. Il faut bien sûr marcher mais on va à son rythme et il n’y a pas de difficulté particulière à mon avis.

Ce 1er ouvrage vous a-t-il donné le goût d’explorer plus en avant le monde de l’édition alors que votre parcours pro est plutôt orienté print et web jusqu’à présent ?
Grâce à Mirabelle, je découvre enfin le monde de l’édition de l’intérieur.

Je travaille bien sûr en tant que graphiste pour mettre en page des livres par exemple, mais surtout j’ai découvert le bonheur d’être lue en particulier par les enfants. Je ne me lasse pas des anecdotes que l’on me raconte des petits fans de Mirabelle.

Mais Mirabelle a encore beaucoup de choses à raconter et j’ai d’autres histoires en tête que je rêve de partager.

Le monde de l’édition évolue avec les tablettes, mais pour moi le principal restera toujours l’histoire et seule la manière de la partager est différente.

Et puis mon activité de graphiste dans le web me permet aussi de prolonger l’aventure du livre au travers d’un site dédié que je vais continuer à faire évoluer en ajoutant des bonus comme des reportages, des coloriages et biens d’autres choses encore.

Et même si mon métier de graphiste me fait passer beaucoup de temps avec les écrans et le virtuel, je garde l’amour des livres et du papier et je continue à dessiner avec des pinceaux ou des crayons de couleur.

Le papier est pour moi une matière noble et avec des possibilités infinies. Je viens d’ailleurs de faire un stage pour apprendre les techniques du pop up et Mirabelle me servira sans doute de premier modèle pour un livre animé.

Propos recueillis par Sandrine Damie

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