Sébastien Pelon, illustrateur : « j’aime les voyages immobiles offerts par mon métier »

 sebastien_pelonEntre graphisme et illustration, son coeur balance. Affublé de cette double casquette, Sébastien Pelon compte de très beaux livres Jeunesse et recueils de contes du monde à son actif.

Pour nous, il évoque son parcours et son travail d’illustrateur. 

 Quel a été votre parcours de formation ?
J’ai fait un bac littéraire suivi d’une mise à niveau (équivalent d’une prépa pour les arts appliqués) à Amiens. J’ai ensuite obtenu un BTS communication visuelle et un DSAA Mode et environnement (diplôme supérieur d’arts appliqués) à l’école Duperré à Paris.

Comment vous est venue l’idée de devenir illustrateur ?
Tout cela est tout ce qu’il y a de plus banal : enfant, j’adorais dessiner et j’avais toujours un crayon à la main. J’ai souvenir du plaisir que j’avais, après l’école, à m’assoir à mon petit bureau pour dessiner pendant des heures. Comme le dessin est toujours resté très présent tandis que je grandissais, j’ai eu envie de me diriger vers des études artistiques. Je savais que je voulais faire un métier en lien avec l’image sans pour autant cerner spécifiquement quel métier cela serait.

Qu’est-ce qui vous attirait dans l’illustration ?
J’ai voulu me diriger vers l’illustration car j’aime cette relation avec la littérature et la narration. J’aime pouvoir raconter des choses au travers des images. J’aime ce genre de « voyages immobiles » quand je travaille et j’adore aussi la mise en scène, le choix des cadrages, des ambiances colorées… 

Quel est le 1er livre Jeunesse que vous avez illustré ?
Il s’agissait de « Attrape-moi sommeil ». Ce premier album a été publié au Père Castor Flammarion dont j’ai d’abord intégré l’équipe comme graphiste.

Au cours de mes études, j’avais un peu oublié mes rêves d’illustration. Je n’avais pas été retenu dans la section illustration de l’école Estienne d’une part. Et d’autre part, j’ai réellement découvert le graphisme en intégrant l’école Duperré et cela m’a passionné. Au point d’en oublier un peu mes aspirations premières.

Mais voir, chez Flammarion, toutes ces magnifiques illustrations défiler sous mes yeux m’a redonné une vraie envie de renouer avec le dessin. J’ai travaillé à me refaire un petit dossier d’images que je leur ai montré… et il m’ont confié ce premier texte pour essai.

Depuis, j’ai la « double casquette » d’illustrateur et de graphiste qui me convient très bien. J’aime pratiquer les deux, l’un nourrit l’autre et cela m’équilibre, même si aujourd’hui je suis complètement indépendant.

Quelles sont vos techniques de prédilection ?
J’ai principalement deux façons de travailler.

Une traditionnelle, à la peinture, ou je privilégie l’huile, un peu de gouache et d’acrylique, complétée par une touche de crayon de couleur.

La seconde est numérique sur mon ordinateur, où mon approche, plus graphique, s’apparente à la technique de la gouache.

Vous avez récemment illustré deux livres autour de la Russie : « Matriochka » et « Contes de Russie » (Père Castor). Où avez-vous puisé votre inspiration pour nous plonger dans cette atmosphère russe ?
Tout d’abord, je puise mon inspiration dans les textes et contes à illustrer qui sont toujours ma première source. Je commence toujours par dessiner des choses juste après la lecture des textes, sans avoir fait de recherches au préalable, pour garder une sorte de fraîcheur, et ne pas être sous l’influence d’images que je pourrais trouver au cours de mes recherches.

Ensuite, je me suis beaucoup documenté, en grande partie sur internet et aussi dans les livres, pour pouvoir habiller au plus juste les images que j’avais dans la tête. J’ai donc trouvé des livres et beaucoup fureté sur le web, pour trouver les costumes, les tissus, les paysages, architectures, la physionomie des personnages, etc.

Vous avez également illustré différents livres de contes du monde, notamment le livre « Contes de l’île Maurice ». Vous documentez-vous particulièrement avant de vous lancer dans une série d’illustrations pour un livre ?
Oui toujours, c’est très important pour moi. Pour les contes de l’île Maurice, la créatrice de la maison d’édition l’atelier des nomades est mauricienne, amoureuse de son île, et m’avait fourni un grand nombre de photos dont je me suis presque exclusivement servi pour illustrer ces contes.

Mais il en va de même pour chaque livre que j’illustre dés lors qu’il se situe dans un endroit précis ou qu’il mette en scène tel ou tel type d’animaux.

Nitou, l’Indien est un héros dont les histoires sont publiées également aux éditions du Père Castor. Vous avez illustré 13 tomes. Avez-vous un attachement particulier pour ce personnage à qui vous avez donné vie ? Quels sont ses traits de caractère ?
Oui, je me suis beaucoup attaché a ce petit personnage, même si cela fait maintenant plus de 3 ans que ses aventures se sont arrêtées et que cela me paraît déjà presque un peu lointain.

Nitou est un petit garçon aventureux, loyal, parfois un peu fier et n’en faisant qu’à sa tête. Il est très proche des animaux dont il comprend le langage. Ses aventures sont toujours un bon moyen pour les enfants de découvrir la nature et d’apprendre à la respecter.

Enfin si vous aviez un livre pour enfant à conseiller pour un voyage en famille, lequel choisiriez-vous et pourquoi ?
J’aime beaucoup « Le tour de monde de Mouk » de  Marc Boutavant aux éditions Albin Michel, une belle manière de voyager… tout autour du monde.

Propos recueillis par Sandrine Damie

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